Quand j'ai réalisé que les séries judiciaires n'avaient rien à voir avec la réalité
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Regarder une série judiciaire avec ma femme a été une expérience révélatrice. — ‘Mais non, chérie, on ne résout pas une affaire en 48 heures !’ — ‘Et les avocats ne portent pas de costumes trois-pièces en permanence.’ Depuis, elle préfère les documentaires animaux. Moins de débats, plus de sérénité. Je ne peux pas m’empêcher de commenter chaque épisode. Les invraisemblances juridiques me sautent aux yeux : les procédures bâclées, les délais impossibles, les plaidoiries théâtrales. Ma femme a fini par mettre un casque audio. ‘Tu gâches tout le plaisir’, m’a-t-elle dit. Elle a raison, mais c’est plus fort que moi. Quarante ans de métier laissent des traces. Je suis devenu incapable de regarder une fiction judiciaire sans jouer au correcteur. C’est mon fardeau de retraité. Un fardeau que j’assume avec une certaine fierté, il faut bien l’admettre.