La retraite, c’est comme une audience : il y a des plaidoiries interminables (les projets inaboutis), des témoignages émouvants (les souvenirs), et surtout, il faut savoir conclure. Aujourd’hui, je profite de chaque moment, sans regret. Après tout, comme disait un vieux maître : ‘Un bon avocat sait quand s’arrêter de parler.’ Cette sagesse, je l’applique désormais à ma vie quotidienne. Je ne cherche plus à avoir le dernier mot, à prouver que j’ai raison, à convaincre à tout prix. Je me contente d’écouter, d’observer, de savourer. Ma femme dit que je suis devenu plus agréable à vivre. Mes enfants trouvent que j’ai enfin mûri. À soixante-cinq ans, c’était temps. La retraite m’a appris ce que quarante ans de métier n’avaient pas réussi à m’enseigner : l’art de se taire. Et de profiter du silence.