Le premier lundi sans audience de ma nouvelle vie
retraite
Ce matin, je me suis réveillé à 6h30 par réflexe. Puis j’ai réalisé : plus d’audience, plus de dossier urgent, plus de client en panique. J’ai regardé le plafond pendant dix minutes, savourant ce luxe inédit. Ma femme m’a trouvé ainsi, un sourire béat aux lèvres. ‘Tu fais quoi ?’ — ‘Je profite de ma liberté conditionnelle.’ Elle a ri. Moi aussi. La retraite commence bien. Ce premier lundi sans obligation professionnelle restera gravé dans ma mémoire. Pendant quarante ans, le lundi avait été synonyme de stress, de préparation, de tension. Et soudain, plus rien. Un vide étrange, presque vertigineux. J’ai passé la matinée à errer dans la maison, ne sachant pas quoi faire de mes mains, de mon cerveau, de mon énergie. Puis l’après-midi, j’ai commencé à apprécier ce vide. Il était plein de possibilités, de libertés, de promesses. Le lundi était devenu un jour comme un autre. Et c’était merveilleux.