Mon chien, accusé d’avoir aboyé pendant la sieste de Mme Michu, a eu droit à une plaidoirie en règle. J’ai invoqué la ‘légitime défense’ (un chat rôdait), produit des témoignages (ma fille), et obtenu un non-lieu. Mme Michu m’a offert des madeleines en signe de paix. La justice est parfois douce. Cette affaire m’a rappelé pourquoi j’aimais ce métier : défendre ceux qui ne peuvent pas se défendre seuls. Même s’il s’agit d’un golden retriever un peu trop enthousiaste. Le conseil de copropriété n’avait jamais vu ça. Le président, un ancien comptable, m’a félicité pour mon argumentation. ‘Vous auriez dû être avocat’, m’a-t-il dit. J’ai souri sans le corriger. Mon chien, lui, dormait paisiblement sous la table, inconscient du drame qu’il avait déclenché. L’innocence des animaux est parfois touchante.