Choisir le restaurant du vendredi soir avec mes anciens associés était un vrai procès. Chaque semaine, les débats faisaient rage : italien, japonais, ou bistrot ? Un jour, j’ai sorti un tableau et organisé un vote. Résultat : une heure de discussion pour finir… au même endroit que d’habitude. La justice a parfois des limites. Mais ce rituel me manquerait pour rien au monde. Ces dîners, c’est notre façon de rester connectés, de refaire le monde du droit entre deux entrées. On se raconte les dernières nouvelles du tribunal, les anecdotes des jeunes confrères, les évolutions de la jurisprudence. Et invariablement, on finit par commander la même chose : un bon vin et des souvenirs. Ma femme appelle ça ‘le club des vieux roublards’. Elle n’a pas tort.