Mon jardin est devenu mon nouveau tribunal. Les vieux dossiers servent de tuteurs pour les tomates, et les arrêts de la Cour de cassation protègent les salades du vent. Quand les voisins demandent des conseils, je leur réponds : ‘C’est une question de procédure… naturelle.’ L’autre jour, j’ai même organisé une audience entre les rosiers et les hortensias pour déterminer qui avait droit au meilleur ensoleillement. Le rosier a gagné, mais l’hortensia a fait appel. Ma femme dit que je perds la tête. Moi, je dis que je cultive la justice. Et puis, il faut bien admettre que mes tomates n’ont jamais été aussi belles depuis qu’elles poussent sur les fondements du droit civil. Article 544 : ‘La propriété est le droit de jouir et disposer des choses.’ Y compris des légumes.